Edouard Pignon

 

Edouard Pignon

1905, Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) - 1993, La Couture-Boussey (Eure)

Contemporaine de la Première Guerre mondiale, l’enfance d’Edouard Pignon se déroule dans une petite ville du Nord. A quatorze ans, après son certificat d’étude, il entre un très court temps à la mine puis, ne supportant pas la vie au fond, devient cimentier-plafonneur. Il commence très tôt à dessiner dans l’estaminet que tient sa mère en portraiturant ses proches. A son retour du service militaire en Syrie, il prend la résolution de devenir peintre et part pour Paris. Tout en travaillant comme ouvrier dans diverses usines, il suit les cours de peinture de l’Ecole du boulevard Montparnasse, ceux de l’Ecole Germain Pilon puis s’inscrit à l’Université ouvrière. Cet apprentissage se fait en parallèle d’un engagement politique qui lui permet de se rapprocher des milieux intellectuels, notamment à travers l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. Pendant plusieurs années, tout en gagnant sa vie comme retoucheur en photographie, lithographe ou metteur en pages, il participe à de nombreuses expositions de groupe et approfondit sa connaissance des grands maîtres du Louvre. En 1939, il montre sa première exposition personnelle, à Paris, à la Maison de la culture, rue d’Anjou, présentée par Marcel Gromaire. Membre de la "Jeune peinture", soutenu par la galerie de France, il peut en 1942 pleinement se consacrer à son œuvre qui, dès l’après-guerre, connaît un tournant décisif. Libéré de la grille cubiste, son travail est désormais porté par la volonté de cerner plus profondément le réel et de le faire vivre sous sa main. A contre-courant des tendances dominantes de son époque, il affirme dans les années cinquante son attachement à la figuration en même temps qu’il privilégie un mode de production sériel où la construction de l’espace, l’articulation des formes et la question de la couleur restent ses préoccupations essentielles. Passionné d’histoire, intéressé par l’analyse esthétique, il publie La Quête de la réalité en 1966 et Contre-courant en 1974, textes d’entretiens où il expose ses réflexions et ses choix artistiques. Montré régulièrement en France et à l’étranger, son travail se trouve consacré par une rétrospective au Grand Palais, à Paris, en 1985.